Cette page rassemblera tout ce qui concerne l'enseignement, la scolarité.

Les liens seront vérifiés régulièrement, et supprimés si l'article est supprimé aussi.

 

 

Une dictée par jour : Le gros mensonge de Najat Vallaud-Belkacem :

http://us2.campaign-archive2.com/?u=fb5c0c3794313100c0ea23121&id=31d2fa1b8e&e=a30737d24f

En ce qui concerne le taux de réussite au Bac:

http://focuscampus.blog.lemonde.fr/2014/07/12/879-de-reussite-au-bac-ou-la-strategie-du-renoncement/

 

C'est l'INSEE qui le dit:

50 %   TAUX DE SORTIE DU SYSTÈME SCOLAIRE SANS DIPLÔME

http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=24&ref_id=18691

 

Mais l'Éducation Nationale aussi :

http://www.education.gouv.fr/cid61581/sortants-sans-diplome-et-sortants-precoces.html

 

Luc CHATEL l'a dit :

http://alternatives-economiques.fr/blogs/abherve/2011/11/20/223-000-jeunes-sortis-du-systeme-educatif-sans-diplome-une-solution-trouvee-pour-un-millieme-dentre-eux/

 

Le taux de chômage selon le diplôme:

http://www.inegalites.fr/spip.php?article1585&id_mot=87

 

Comment en est-on arrivé là ?

20 % d’illettrés en sixième

Les cascades de réformes ont abouti à un malaise sans précédent. A commencer par la loi Jospin de 1989, qui a « noyé le CP dans un cycle ». Cette réforme prévoit qu’on sache lire à la fin du CE1, et non plus du CP. Vingt-trois ans après, les résultats sont loin d’être concluants : les bancs de la sixième comptent environ 20 % d’illettrés. « On empêche les enseignants de faire redoubler les enfants en difficulté en fin de cours préparatoire. C’est dramatique, car ce sont les mêmes qui abandonnent l’école au collège. Les conséquences d’une mauvaise lecture en CP sont les plus graves, les plus durables et les plus génératrices de souffrance et d’échec. On oublie qu’il n’y a pas deux enfants de 7 ans identiques : certains ont besoin d’une année supplémentaire pour savoir lire. »

En France, plus de 20 % des élèves entrent actuellement au collège sans comprendre ce qu’ils lisent. Un chiffre inquiétant, qui suscite une polémique croissante depuis une dizaine d’années. Pour de nombreux parents, les méthodes de lecture appliquées au CP sont responsables de l’illettrisme. La fameuse « méthode globale », qui consiste à deviner les mots avant de savoir les déchiffrer, a notamment été accusée de provoquer la confusion dans l’esprit des enfants. Afin d’éteindre l’incendie, le ministre de l’Education a exigé dès 2005 que les enseignants « abandonnent une fois pour toutes » cette méthode au profit de la méthode syllabique (ou méthode Boscher), qui repose sur la découverte progressive de l’alphabet, des syllabes et des sons. Mais son intervention a provoqué une levée de boucliers parmi les enseignants, peu enclins à adopter une méthode d’apprentissage qu’ils jugent réactionnaire. Selon un sondage, seuls 8 % des enseignants de CP utilisent aujourd’hui une méthode purement syllabique et 76 % une méthode mixte incluant partiellement la méthode globale.

Le taux des élèves ne sachant pas lire à l’entrée en 6e – au sens où le déchiffrement ne s’accompagne pas de compréhension – est allé croissant depuis une dizaine d’années : on a tenté d’en minimiser le chiffre, on reconnaît maintenant qu’il est avoisine les 20 %. D’après certains professeurs et principaux de collège, ce chiffre ne fait que croître dans les années qui suivent, il est de près d’un tiers en 3e. Rappelons aussi que près de 150 000 jeunes quittent chaque année le système scolaire en situation d’échec scolaire.

L'enseignement au niveau primaire est totaleùent défaillant !

 Près de 8 élèves sur 10 vont se faire bousiller par des méthodes de lecture qui n’en sont pas. On leur demande de reconnaître des mots entiers en jouant aux devinettes, au lieu de leur apprendre à déchiffrer syllabe par syllabe. Cela ralentit considérablement les choses. Il faut que les mots soient mémorisés le plus simplement possible. L’apprentissage des associations de lettres est incontournable. Sinon, on descend le niveau de lecture durant plusieurs générations, et on fabrique des illettrés.

Lorsqu'on 'observe, à l'école primaire, qu'une sortie vélo est organisée, une fois par mois, tout l'après-midi, avec l'aval des parents accompagnateurs ! Ces mêmes parents ne seront-ils pas ensuite les premiers à reprocher à l'école les lacunes scolaires de leur enfant…

Les enfants feraient mieux de lire ou de faire une dictée cet après-midi-là!

Par ailleurs, lorsqu'on sollicite un entretien parent/instituteur (pardon: professeur des écoles!), il faut souvent prendre rendez-vous, et on a souvent l'impression de les importuner, de les empêcher de rentrer chez eux à l'heure prévue. Impensable!!!

Critiquer ? Oui, mais construire…

-          Tout d'abord, ne pas confondre éducation et enseignement: Le premier est le rôle des parents et le second est celui de l'Éducation Nationale. Ô paradoxe, on  devrait alors dire Enseignement National. Chacun son rôle, même si, avec l'évolution de notre société, avec des familles décomposées et recomposées, une part non négligeable de l'éducation se transfère au corps enseignant. A réformer donc!

-          La carrière des enseignants devait être associée aux résultats et non pas à l'ancienneté. A réformer donc!

-          Ces résultats, justement, sont sous la forme d'évaluation, d'examens (Brevet, Baccalauréat, …) mais préparés par qui ? Par l'Éducation Nationale, avec les résultats, et surtout les niveaux, que l'on sait! On ne peut être juge et partie. A réformer donc!

-          L'enseignement professionnel, ne doit plus être la voie de l'échec, mais revalorisé, proposé dès la quatrième et assuré par des enseignants issus du monde professionnel, qui eux, ont eu l'expérience du monde du travail. A réformer donc!

-          Les stages de formation des enseignants devraient se dérouler durant les vacances scolaires. A réformer donc!

-          Arrêter les classes à chômeurs! Avec l'évolution de la bureautique par exemple, les pools de secrétariat ont disparu. Pourtant, on continue en masse les formations en classes de STG à tout va! Oui, mais que ferait-on des professeurs si on supprimait ces classes? A réformer donc!

-          Dans l'effectif total de l'Éducation Nationale, quelle est la part de l'effectif réellement devant le tableau, devant des élèves ? Parmi les Inspecteurs de l'Éducation Nationale, combien aussi ont eu l'expérience du tableau, d'être devant des élèves? A réformer donc!

-          Chaque ministre de l'Éducation Nationale veut laisser son nom lié à sa réforme, ce qui entraine une modification des programmes, avec pour conséquence l'édition des nouveaux ouvrages. Qu'importe, c'est le Conseil Général qui paie les livres de l'enseignement du second degré! Au grand profit des éditeurs… A réformer donc!

C'était mon école!

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La grande farce annuelle du baccalauréat 2016 vient de se terminer. Cet examen, qui coûte un milliard et demi d'euros à organiser, n'a plus guère de signification :

- on note certaines épreuves sur 24 et non sur 20,
- on propose des myriades d'options exotiques permettant sans aucun effort de récolter des points supplémentaires
- on autorise le passage des épreuves sur 5 années successives, en conservant ses notes au-dessus de la moyenne
- on demande aux correcteurs de ne pas tenir compte des fautes de français...

Qu'à cela ne tienne, la ministre de l'Éducation nationale a osé se moquer de ceux qui s'inquiètent de la baisse du niveau. Citant une bribe de problème de mathématiques de Terminale S, forcément obscur lorsqu'on ne l'a pas sous les yeux, elle prétendait démontrer que l'horizon d'exigence du baccalauréat n'a pas changé... bien sûr, elle ne dit pas un mot des barèmes et des copies ! Quelle hypocrisie insupportable !

La vérité,  c'est que le baccalauréat, et ses résultats complètement trafiqués d'année en année, sert au Ministère de l'Éducation nationale d'écran de fumée.

Cela lui évite notamment de se demander pourquoi chaque année, le système éducatif français jette 150 000 élèves à la rue. Ceux-là n'auront même pas le bac : ils sont étiquetés comme « décrocheurs ».

La ministre de l’Éducation nationale vient de s'emparer du sujet... pour proposer de les faire revenir en les appâtant avec de l’argent !

Payer des élèves en décrochage scolaire parce qu'on n'a pas été capable de leur apprendre quoi que ce soit, n'est-ce pas profondément scandaleux ?

Il est vrai que ces jeunes ne sont pas entièrement responsables de leur échec. C’est le système lui-même qui est en cause. Pour bien en prendre conscience, permettez-moi de vous rappeler ce qu’est réellement un « décrocheur ».

La plupart du temps, c’est un élève qui est entré en 6e sans savoir lire, sans les bases minimales en mathématiques, et qu’on a quand même envoyé dans le grand broyeur du collège unique. Non seulement on ne lui donne pas les armes nécessaires pour apprendre, mais en plus on le prive d’une orientation adaptée.

Auparavant, il pouvait redoubler au moins une classe au collège pour essayer de se remettre à flot. Mais le redoublement a été interdit : on finit par le faire passer d’année en année, sans qu’il ait le niveau, dans l'espoir de lui donner à la fin ce diplôme du baccalauréat qui vaut moins que le papier sur lequel il est imprimé. Mais cet élève n'est pas un imbécile : il sent bien qu'il n'apprend rien, qu'il n'a plus rien à faire à l'école. Peu à peu, ses absences se multiplient. Et puis un jour, il ne vient plus du tout.

Cela fait mauvais effet pour les statistiques du ministère : c'est pourquoi la ministre cherche à tout prix à remettre la main sur ces « décrocheurs ». Quand ils ont plus de 16 ans, elle ne peut pas les obliger. Alors elle propose de les payer.

Le décret que veut faire appliquer la ministre revient à mettre une rustine sur un pneu brûlé.

Pensez-vous sérieusement qu'il faille payer les élèves pour les faire aller à l'école ?


Le pire, c’est que ces jeunes auraient pu échapper au décrochage.

Si on s'intéresse aux chiffres de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp), c’est-à-dire du ministère lui-même, 89 % des décrochages sont dus à un échec d’apprentissage ou d’orientation (les autres sont provoqués par des accidents de santé ou familiaux…).

Ces 89 % des élèves auraient pu apprendre à lire, écrire, avoir les bases mathématiques nécessaires pour apprendre un vrai métier.

C’est faute de méthodes éprouvées et à cause de la rigidité du collège unique, qui empêche toute orientation intelligente, que ces élèves sont découragés.

Autrement dit :
… non seulement l’École n’accomplit pas sa vocation d'apprendre les fondamentaux à tous
… mais elle ne voit pas d'autre solution que de dissimuler ses échecs au moyen d'une carotte de 1000 € par an !?

Le plus absurde dans ce décret est qu’il vient peu après que la ministre a divisé par deux le montant des bourses au mérite ! Pour elle, récompenser l'excellence d'élèves défavorisés était une discrimination insupportable ; par contre, l'assistanat, ça rentre dans son idéologie !

Ces gesticulations politiques sont intolérables. Le décrochage n’est pas d’abord une question d’argent, mais c’est un dysfonctionnement profond du système éducatif. Cette « prime au décrochage » est une façon d’esquiver la remise en question.

Protestons contre ce mépris. Et surtout, sauvons l'avenir de millions d'élèves, parce qu’ils auront appris à lire, à écrire, à compter et à réfléchir, parce qu’ils pourront être guidés dans leur orientation, quitte à sortir dès 14 ans en apprentissage, pour s’épanouir dans un vrai métier.


P.S. Auparavant, le baccalauréat était une garantie d'insertion dans le monde professionnel. Aujourd'hui, la plupart des lauréats vont se fracasser à l'université, faute d'un niveau suffisant pour suivre des études supérieures. Bacheliers et décrocheurs se retrouvent à Pôle Emploi. Le problème de fond est donc toujours le même : l'Éducation nationale n'assume plus sa mission d'instruction.

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